Les Mots sont les Bijoux de l'Âme.
Je passerai l'hiver sur des pentes camarguaises
Les crins dévalant nos désirs arlésiens
L'écrit au galop sur nos fils à l'anglaise
Givré de nos blancs, dans un souffle s'étreint..
*
Je ferai de nos barrières des rubans
Frissonnant, perlés de frêles et purs cristaux
Scintillant discrets dans les ombres d'un champs
Comme des pyrites argentées sur les eaux..
*
Je ferai de nos sens barbelés des galons
Tissés d'ors fanés et de nacre ferrue
Quelques perles de verre taillées sans façon
Cousues éparses au coeur des murmures déçus..
*
Je ferai des songes à tes nuits sans sommeil
Des tissus à tenir sur ta peau orpheline
Les diamants de tes larmes aux creux de l'oreille
Brillant jusqu'au ciel à faire palir l'Ondine..
*
J'écrirai des serments à l'envers contre tout
Comme gravure sous l'écorce d'un frêne solitaire
Les mots rougis à jamais d'une lame de fou
Sertis de rubis, de racine à la terre..
*
Je ferai des carosses qui cheminent en rivière
L'allure crescendo pour vogueries boréales
Des mailles filantes en filet de naguerre
Capturant aubes et aurores abyssales..
*
Je ferai l'esprit flamand à la rose trémière
En fibule renouer nos aspects déroutants
Des ambres occultes au chemin incendiaire
Portant solitaire à leurs humbles firmaments..
*
Je ferai tinter nos pas sous plis d'un médaillon
Les grelots des marelles à la craie cliquetant
De l'ardoise en morceaux, des bordures en fanions
Longeant plaine en sautoir, au soir seul ciel touchant..
*
J'écrirai des bohêmes à la source de l'écrit
Sur les brumes des lointains, une ode incertaine
Des chapelets en ceinture, sans croix ni ennemi
Errant sous l'adresse, aux portes de la vaine
***
Les derniers mots..
Ceux qui frôlent le couchant, quand le ciel s'incline
Qui survolent les penchants sur les rouges sanguines
S'attardant sur les clairs ou les sombres malines
D'un son muet balayant d'un regard des salines
Ceux qui sèment sous le ventre les audaces marines
Qui prolongent son sillon d'un filet d'eau vorace
Voguant troublé par l'écume blanche à sa face
D'un roulis tendre s'esquivent aux encres de chine
Les derniers mots,
Résonnent encore sur les dunes opportunes
Comme un gréement paré pour des flottes d'exquises
Brillants sous le vent mais d'un souffle de brise
Emportant de sa vague l'hydromel fortune
Les derniers mots,
Se perdent aux fins fonds des abysses
Voisinant les coraux et les pourpres profondeurs
D'un lieu commun en nom propre s'hérissent
Errant des algues au plus obscur de l'heure
Les derniers mots,
Hantent et pourchassent sous les fers rongés
Leurs sens ascérés jusqu'à l'os du fardeau
Caressant de leur rouille des aspects moirés,
Irisés en secret à l'envers des ormeaux
Les derniers mots s'éternisent sous tes yeux
Qu'ils soient sables pâles, ou bien sacres bleus
Ils se gravent sous ta peau insidieux
Léchant amer , sucre ou tourments malicieux
S.OfF


